Décryptages > Conseil de Demain

Qu’est-ce que l’économie des plateformes ?

La gig economy décrit un modèle de travail fondé sur des missions flexibles et pilotées par projet plutôt que sur l’emploi permanent, transformant la manière dont les entreprises accèdent aux talents et scalent l’expertise.

Partager cet article
Qu’est-ce que l’économie des plateformes ?

Points Clés

  • La gig economy permet aux organisations d’accéder à des compétences spécialisées à la demande, améliorant flexibilité, maîtrise des coûts et vitesse par rapport aux modèles d’emploi traditionnels.
  • Elle est portée par les plateformes digitales, les préférences des talents pour la flexibilité et la demande des entreprises pour une expertise scalable et orientée projet.
  • Dans la gig economy, les entreprises basculent de coûts de main-d’œuvre fixes vers des dépenses variables alignées sur les priorités business et les programmes de transformation.
  • Les dirigeants doivent adapter gouvernance, workforce planning et conformité afin de maîtriser les risques tout en captant des gains de productivité et d’innovation.

Qu’est-ce que la gig economy et comment fonctionne-t-elle ?

La gig economy est un marché du travail où des individus fournissent des services sur une base temporaire, en mode projet ou contractuel, plutôt que via des contrats de travail long terme. Les travailleurs sont généralement des indépendants, freelances ou consultants mobilisés pour des livrables, des périodes ou des outcomes précis. Ce modèle contraste avec l’emploi traditionnel fondé sur des rôles fixes, des salaires et un attachement organisationnel durable. Les plateformes digitales jouent un rôle central en rapprochant efficacement la demande de compétences et les talents disponibles.

Concrètement, la gig economy fonctionne via des marketplaces ou des contractualisations directes. Les organisations définissent un périmètre, un calendrier et des résultats attendus, tandis que les travailleurs proposent expertise, prix et disponibilité. Les missions vont de quelques heures de conseil spécialisé à des projets d’exécution ou de transformation sur plusieurs mois. La rémunération est généralement liée à des jalons, des livrables ou des taux horaires plutôt qu’à un salaire fixe.

Pour les entreprises, la gig economy permet un accès rapide à des compétences rares ou très spécialisées sans cycles de recrutement longs. Plutôt que d’embaucher en CDI pour un besoin temporaire, elles mobilisent précisément l’expertise au moment opportun. Cette approche soutient l’agilité, notamment en stratégie, transformation digitale, finance et excellence opérationnelle.

Pour les travailleurs, la gig economy offre autonomie, carrières « portfolio » et diversification des revenus. De nombreux experts choisissent ce modèle pour appliquer leur savoir-faire à plusieurs organisations, secteurs et problématiques. Cette création de valeur des deux côtés explique la croissance durable de la gig economy sur les marchés mondiaux.

Pourquoi la gig economy s’est-elle développée si rapidement ?

La gig economy s’est développée rapidement sous l’effet de changements structurels liés à la technologie, aux attentes des talents et aux modèles opérationnels des entreprises. Les plateformes digitales ont réduit les coûts de transaction en facilitant la recherche, la contractualisation et la gestion de talents externes à grande échelle. Les outils cloud, la collaboration en ligne et l’accès sécurisé aux données permettent aux indépendants de travailler efficacement depuis n’importe où. Les barrières géographiques à l’accès aux talents ont donc fortement diminué.

Les préférences de la workforce ont également évolué vers plus de flexibilité et d’autonomie. Beaucoup de professionnels, notamment des spécialistes seniors, préfèrent des missions par projet à des trajectoires de carrière traditionnelles. Les études montrent régulièrement que flexibilité, contrôle de la charge et missions à forte valeur sont mieux classés que la sécurité de l’emploi pour une part croissante de talents qualifiés. La gig economy s’aligne fortement sur ces attentes.

Côté entreprises, la volatilité augmente : cycles stratégiques plus courts, transformations continues et besoins de compétences qui changent rapidement. La gig economy permet de scaler les équipes à la hausse ou à la baisse sans porter des coûts fixes permanents. C’est particulièrement utile lors de fusions, restructurations ou changements technologiques.

Moteur de croissanceImpact sur la gig economyEnjeu entreprise
Plateformes digitalesMatching talents plus rapideDélais de recrutement réduits
Préférences de la workforcePlus de professionnels choisissent le modèleAccès à l’expertise senior
Volatilité businessDemande accrue de modèles flexiblesStructures de coûts variables

Quels types de travaux sont inclus dans la gig economy ?

La gig economy couvre un spectre large, des tâches transactionnelles aux missions très stratégiques. D’un côté, des tâches courtes et standardisées (design, création de contenu, data labeling). De l’autre, des projets complexes à fort impact (stratégie, restructuration financière, transformation opérationnelle). Elle ne se limite donc pas à un travail peu qualifié ou temporaire.

Les services professionnels jouent un rôle croissant : consultants indépendants, managers de transition et experts délivrent des capacités critiques que l’organisation ne peut pas toujours construire en interne. Ces missions impliquent souvent un haut niveau de responsabilité, de confidentialité et parfois d’autorité de décision. Cela rend indispensables des standards de gouvernance et de qualité.

Les rôles fréquents incluent architectes technologiques, program managers, experts finance, leaders de transformation et spécialistes sectoriels. Beaucoup possèdent des décennies d’expérience et ont occupé des postes seniors, remettant en cause l’idée que le gig work serait instable ou de faible valeur.

Catégories typiques :

  • Conseil stratégique et advisory exécutif sur des enjeux définis
  • Projets digital, data et technologie requérant une expertise de niche
  • Management de transition et leadership en période de crise ou de transition
  • Missions spécialisées en finance, opérations et conformité

Comment la gig economy impacte-t-elle les entreprises financièrement et opérationnellement ?

La gig economy transforme les structures de coûts en faisant passer la main-d’œuvre de coûts fixes à des coûts variables. Au lieu d’engagements salariaux long terme, les organisations paient pour des outcomes, des livrables ou une expertise limitée dans le temps. Cela améliore la transparence des coûts et aligne la dépense sur les priorités stratégiques. Dans des environnements intensifs en transformation, cette flexibilité est particulièrement précieuse.

Sur le plan opérationnel, elle augmente la vitesse et la réactivité. Les entreprises onboardent des experts en quelques jours plutôt qu’en mois, accélérant les démarrages projet et réduisant les coûts d’opportunité. C’est critique pour des initiatives de transformation digitale, de conformité ou d’entrée sur de nouveaux marchés. Une exécution plus rapide se traduit souvent par un avantage concurrentiel.

Cependant, la gig economy introduit aussi de nouvelles complexités : cadrage, métriques de performance et intégration avec les équipes internes. Sans gouvernance, on observe variabilité de qualité, fuite de connaissance ou risques de dépendance. Les organisations matures investissent donc dans des modèles d’engagement structurés.

Les outcomes financiers et opérationnels dépendent fortement de la discipline d’exécution : celles qui traitent la gig economy de manière stratégique obtiennent de meilleurs retours que celles qui contractent de manière ad hoc.

Axe d’impactEffet gig economyConsidération entreprise
Structure de coûtsCoûts variables de main-d’œuvreFlexibilité financière accrue
VitesseAccès plus rapide à l’expertiseCycles projet plus courts
CapacitésCompétences spécialisées à la demandeRéduction des gaps internes

Quels sont les risques et enjeux de gouvernance de la gig economy ?

Si la gig economy offre des avantages importants, elle crée aussi des enjeux de gouvernance, juridiques et culturels. Un risque majeur est la classification des travailleurs. Une mauvaise classification peut conduire à des pénalités, des obligations fiscales et des dommages réputationnels. Les organisations doivent distinguer clairement indépendants et salariés selon les droits du travail locaux.

La sécurité des données et la protection de la propriété intellectuelle sont également critiques. Les indépendants accèdent souvent à des systèmes sensibles, des informations stratégiques ou des méthodologies propriétaires. Sans contrôles d’accès robustes, accords de confidentialité et mécanismes de supervision, les risques deviennent élevés. La gouvernance doit donc s’étendre au-delà des employés internes.

Sur le plan culturel, une dépendance excessive peut affaiblir le développement des capacités internes. Si la connaissance critique reste hors de l’organisation, la résilience long terme diminue. Les leaders doivent équilibrer expertise externe et construction volontaire des compétences internes. La gig economy doit compléter — et non remplacer — les capacités cœur.

Enfin, une gouvernance efficace exige une supervision centralisée : contractualisation standardisée, pilotage de performance, contrôles de conformité et pools de talents privilégiés. Les entreprises qui gèrent le gig work de manière stratégique, plutôt qu’ad hoc, maximisent la valeur durable tout en minimisant les risques.

Engagez un expert sur ce sujet via Consultport.
Trouver un Consultant